Sigismund a ouvert et est entré dans une longue période de silence, je vous l’accorde bien volontiers. C’est long d’écouter l’anamnèse du monde malade qui nous entoure et de prendre la mesure de ce qu’il va bien pouvoir s’écrire ici.
Tout d'abord, je voudrais remercier les 12 visiteurs uniques de ces 10 derniers jours, maman, papa, Caro, Lola, mon chat Matthieu et les quelques autres.
Arrêtons la prétention quelques instants et commençons les conneries :
Je ne peux pas commencer avec une thèse finale, elle va donc plutôt ouvrir la discussion. Cette thèse finale était : la psychanalyse comme idéologie, nouvelle croyance du monde moderne. Difficile d’adhérer pleinement à un autre mode de pensée avec la permanente conscience que tout est influencé par l’autre, le discours de l’autre. L’autre et son discours comme partenaire total de mon propre inconscient, c’est d’ailleurs un des fondements de la psychanalyse elle-même et c’est là, par une de ses théories, qu’elle se pose déjà en idéologie dogmatique. Car avec cette idée, même si je me sépare de cette discipline, elle peut l’expliquer psychanalytiquement parlant… Je résiste, j’écoute le grand Autre, j’écoute mon désir de me singulariser… Tout cela au delà même des conneries oedipiennes. Elle s’enferme et enferme le disciple dans une théorie sans capacité réelle de créer complètement autre chose. Elle a une capacité recouvrante, grignotante, dévorante. Il faut pouvoir récupérer l’action et le désir. Récupérer une demande adressée au monde. Sans devenir un zombie volontaire, acceptant tout et n’importe quoi.
Gilles Deleuze parle d’oedipianisation du monde occidental, d’une réponse globale à une demande générale. En soi il se fout pas mal de la validité du concept d’oedipe, ce qu’il interroge c’est ce qu’il crée chez nous, dans notre société capitaliste. Alors il est difficile de parler de tout cela sans la gestion des théories mais petit à petit j’espère qu’il sera possible, en introduisant les notions et les réflexions, de prendre la mesure de l’impact de la psychanalyse aujourd’hui. Sans être même directement concernée. Je ne cherche pas à faire son procès, j’y consacre beaucoup trop de temps pour cela mais j’aimerais questionner de nouveau son enjeu, ne pas adhérer tête baissée, tel un mouton, puisque pour rien d’autre au monde je n’aurais envie de le faire. L’adhésion simple et guidée est affaire de religion mais pas que. Qu’elle soit l’avatar d’une religion je peux le penser mais au même titre alors que les sciences dures. Quand le comportement est affecté ou devient l’agent de théories, il me paraît sensé de faire ce parallèle. Il est tentant de l’objecter en ce qui concerne les sciences dures, objectivables, démonstratives et pourtant… La dictature qu’elles imposent peut laisser tout de même imaginer le contraire.
Que d’occupations en attendant la mort.

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